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Fin annoncée d’Alice Initial : quel forfait internet à bas prix ?

L’offre Alice low-cost est morte, vive les autres offres ! En pleine trêve des confiseurs et alors que le secteur voit ses lignes bouger avec la nouvelle Freebox Revolution et la hausse du prix des abonnements en raison de la TVA (ou pas, comme le justifie Numericable au risque de fâcher ses abonnés) a, voici un nouvel élément qui montre combien le secteur des télécoms et de la fourniture de l’accès à internet reste dynamique.

Cela change t-il quelque chose ? L’arrivée de la Freebox v6 n’a t-elle pas assez secoué le secteur ? Pour les geeks un tant soit peu fortunés, probablement pas (voir notre analyse du positionnement de Free à la suite de cette Freebox). Pour le grand public pour qui le prix est une vraie donnée de choix, plus vraisemblablement. Car avec la hausse de la TVA et des abonnements chez tous les opérateurs, il ne reste plus grand monde pour ceux qui n’ont pas les moyens ou pas l’envie de débourser trop pour un service qu’ils utilisent avec modération.

Mon schéma recense donc, après une exploration « à la mano » des différentes offres des opérateurs (tentez de rassembler ces données rapidement, vous verrez qu’il sera déjà le lendemain tant tout cela est organisé de manière à nous égarer).

On peut, si l’on veut économiser au maximum et qu’on ne se sert pas de toutes les fonctionnalités des box actuelles, opter pour des offres 1P ou 2P (P pour Play), c’est à dire ne pas prendre la TV le plus souvent. On notera avec un amusement certain que le 1P (Internet seul) de chez Orange est plus cher que le 3P le moins cher de Numericable.

En offre triple-play, c’est à dire une box « classique » qui vous offre internet, la téléphonie et la TV, il ne reste donc plus qu’un seul acteur qui, malgré le surcoût à attendre à partir du 1er février (date à laquelle la plupart des opérateurs augmenteront leurs abonnements), reste très compétitif par rapport aux autres offres « low-cost ».

Fantasfibre

 

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FAI et box internet : la tendance des derniers classements

En fait, avec les classements, il faut savoir prendre du recul. Ceux-ci se suivent et ne se ressemblent pas tous, notamment car des critères différents peuvent être pris en compte, mais également car chaque abonné, chaque internaute, connaît lui même des fluctuations sur la qualité de service. Les FAI sont donc difficiles à classer, et tout mouvement dans une direction paraît pouvoir être menacé par le classement suivant.

Il y a tout de même des tendances, et je veux parler des trois qui viennent de truster les premières places du classement IP-Label, dont 01 Net fait la synthèse. Sur le podium, Numericable, SFR, et Darty.

 

Numericable, l’ancien banni, qui au fil des classements conforte, confirme et enchaînes les premières places, ou pas loin… 16e Baromètre de l’internaute, qualité de la TV chez NPA Conseil, 3e place du classement de 60 millions de consommateurs… et une nouvelle fois en tête ici. L’opérateur partait de loin, de très loin, mais semble avoir parcouru du chemin depuis les années Noos.

SFR paraît boulimique, à côté, tant le classement d’IP-Label reflète une politique agressive de la marque au carré rouge, qui a doublé Free comme 2e opérateur en parts de marché, qui raccorde toujours plus de noeuds de réseau, loin devant les autres.. on sent que l’ère du quadruple play, ces offres qui permettent de combiner tv, internet, téléphone et mobile, n’est pas loin, et que SFR a envie d’en profiter.

Darty, en fin, est un peu l’OVNI de ces classements qu’il parvient également à décrocher, comme cette 2nde place sur le comparatif de 60 millions de consommateurs, juste derrière Bouygues Telecom. Encore une fois, la qualité de service est primée chez ce petit poucet qui surfe sur le réseau FTTLA (fibre, très haut débit) de … Numericable.

Sans être décisif, donc, ce nouveau classement confirme quand même que l’on retrouve souvent les même au premier rang de la classe. De bons arguments pour aborder les fêtes.

Fantasfibre

Free ou comment “Hadopi m’a sauver le bridage”

Free a décidément l’art de surfer sur les bons plans de communication, il faut au moins leur reconnaître cette qualité, à défaut du reste (je vous renvois à l’un de mes posts précédents concernant les raisons qui ont fait que SFR a doublé Free sur le marché de l’ADSL). Si vous suivez l’actualité de ce passionnant secteur qu’est celui des FAI, vous n’avez pas pu échapper cette semaine à la passe d’armes entre Free et Numericable, deux acteurs qui se sont écharpés au sujet de l’Hadopi.

Bref rappel des fait. L’Hadopi, grand satan des internautes, a commencé à envoyer les mails aux premiers utilisateurs qui sont en infraction. Les opérateurs sont dans une situation complexe face à l’installation de cette autorité, puisqu’ils sont dans l’obligation de relayer les mails de l’Hadopi, ce qui les place en porte-à-faux par rapport à leurs abonnés.

Quelle tactique adopter ? Pour Free, c’est tout vu, la stratégie est de s’opposer (au moins médiatiquement) à l’Hadopi en jouant sur les ambiguïtés d’un texte de loi dont il faut dire qu’il n’est techniquement pas à la hauteur. Les autres opérateurs ont de leur côté suivi un légalisme strict, en relayant les mails de l’Hadopi tout en affichant une gêne, voire une opposition (comme en témoigne la lettre commune des opérateurs au sujet de la facturation de la riposte graduée). Numericable, et Bouygues, ont été les premiers à relayer ces mails. Leur position est plus légaliste (on relaye les mails de l’Hadopi) avec un argument de protection des abonnés qui n’est pas idiot (en gros, si je transmets les mails de l’Hadopi à mes abonnés, je leur permets d’être au courant de ce qui leur arrive, et je peux les aider, à contrario, ne pas les envoyer, c’est leur faire courir le risque d’être pris la main dans le sac à un stade plus élevée de la riposte graduée).

 

Jusqu’à l’épisode de cette semaine, que je tente de résumer. Numericable a envoyé une lettre à l’Hadopi pour dénoncer la stratégie de Free, qui, selon le câblo-opérateur, tente de “tirer un bénéfice concurrentiel” de cette opposition, qualifiée un peu à la hâte (je sens déjà venir la fronde des Freenautes, que je me permets de déminer en leur suggérant d’être franchement moins naïfs face à la bonté supposée de leur opérateur, faut-il rappeler le différend entre Xavier Niel et la communauté du Libre au sujet du firmware de la Freebox ?). Eh oui! En m’opposant au grand satan des internautes, je deviens tout de suite plus attractif.

Ce procédé me fait, je dois l’avouer, franchement rigoler. Ou comment Free se sert opportunément de l’affaire Numericable/Hadopi pour se poster en “chevalier blanc” des internautes, un terme qui revient régulièrement dans les commentaires. Car jusqu’à cette affaire, c’est plutôt Free que l’on soupçonnait de jouer avec les connexions de ses abonnés. Le Journal du Geek titre ainsi avec humour fin septembre “Il a Free, il a l’Internet bridé ?”, reprenant les rumeurs d’un bridage. Les quelques 400 commentaires du billet (excusez du peu !) confirment presque tous la chute du débit de la connexion sur les sites… de P2P, de téléchargement direct (notamment sur MegaUpload) et streaming… des usages précisément ciblés par l’Hadopi.

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

Donc, de deux choses l’une :

1. Soit Free, comme tous les opérateurs, se positionne sur l’Hadopi, mais d’une traître manière, en s’opposant à la surface pour gagner des points auprès de sa cible (les technophiles, comme l’illustre la campagne de pub avec Rodolphe, même si Free en expérimente les limites), et en bridant en coulisse l’accès aux sites sensibles, histoire de dégouter ses abonnés de cet usage, et de les orienter vers sa plateforme de catch-up et de Vod légale (et payante, bien sûr).

2. Soit Free, qui fournit une connexion ADSL (ne venez pas m’enquiquiner, et je suis poli, avec la fibre de Free, tout le monde l’attend depuis 2006, encore une fois, enlevez vous le sable des yeux avant d’ouvrir le feu), prend conscience de la limite de cette technologie qui permet à peine (et selon votre distance du NRA) de visualiser des programmes TV HD, et en limite par bridage l’utilisation sur certains sites, mettant à mal le concept de neutralité du net, cher également au coeur des internautes.

Dans les deux cas, je suis étonné que le coup de com de Free semble avoir marché, en tout cas à en lire les réactions des différents articles (à quelques lucides près). Affaire à suivre dans tous les cas, un retournement n’est pas à exclure.

Fantasfibre

FAI et box internet : le choix de 60 millions de consommateurs

Un nouveau classement des opérateurs, voilà qui devrait continuer d’apporter sa pierre à l’édifice déjà bien complet des différentes évaluations des offres internet/TV/téléphone proposées dans le cadre des forfaits triple play, ou 3P. Pour rappel, les derniers classements qui ont retenu l’attention du web étaient celui de l’Internaute, dans son 16e baromètre des performances des FAI (vainqueur surprenant : Numericable). Cette fois-ci, c’est le magazine 60 millions de consommateurs qui s’y est collé, et le résultat est intéressant, puisque cette publication très suivie recommande dans son podium la BBox de Bouygues Telecom, dont nous avions parlé plutôt négativement en ce qui concerne ses fonctions avancées, la Dartybox, qui repose sur le réseau de Numericable, et justement, quand on parle du loup, le câblo-opérateur, 3e de ce classement.

L’intérêt d’un classement maintenant ? Il est double, selon mon analyse.

  1. D’abord, parce qu’avec la montée en puissance des débits et des nouveaux usages, il est utile de se repérer. Vous voulez jouer en ligne ? Regarder un film en HD ? Profiter des téléchargements ? Alors il vous faut un débit, un vrai. Vous connaissez ma position : l’ADSL n’a plus grand chose à offrir, et même la télé HD passe de plus en plus mal sur de l’ADSL (qu’il soit ADSL 2 ou ADSL + n’y change rien). Donc : la fibre optique, version FTTH pour Orange, Free, SFR, version FTTLA pour Numericable et ses co-contractants Darty, Auchan et Bouygues.
  2. Autre moment particulier de ce test, celui de l’actuelle montée en prix des forfaits 3P. Ah, il est loin le bon temps du “tout compris” à 30 euros, initialement proposé par Free. D’ailleurs, l’offre ne correspond plus vraiment à une demande de plus en plus segmentée (je ne veux pas la TV, mais je veux du téléphone à l’international, etc). En changeant leurs tarifs, les opérateurs vont tous, momentanément, libérer des abonnés généralement captifs d’abonnement à engagement long (sans parler des gênes occasionnées par un déménagement de ligne – si vous en avez un au moins un à faire dans votre vie, vous voyez ce dont je veux parler).

Un bon test, donc, qui tombe au bon moment, et dont je me suis permis de vous scanner le principal tableau comparatif, pour avoir en un coup d’oeil les infos principales. Je vous laisse juge du candidat le plus intéressant pour votre nouvel abonnement…

Fantasfibre

Bbox/quadruple play : l’abonnement des néophytes

Une belle promesse. Voilà ce qu’était la sortie de Bouygues avec sa Bobx et son offre quadruple-play. Quelques neuf mois plus tard, il faut malheureusement employer le passé car les promesses faites n’ont été que partiellement respectées. Si l’offre a indéniablement l’avantage de la simplicité et du prix pour les utilisateurs lambda, la Bbox se révèle un cauchemar dès lors que l’on veut pousser plus avant les possibilités de la machine.

500 000 clients. Bouygues annonçait fièrement, fin mars 2010, avoir convaincu 500 000 particuliers ou entreprises de s’abonner à sa nouvelle offre « Quadruple play », c’est-à-dire triple play + téléphonie mobile. Une réussite ? Commercialement, c’est incontestable. Mais qu’adviendra-t-il dans les prochains mois ? Qu’arrivera-t-il quand Bouygues aura atteint ce qu’il considère comme un quota financier rentable ? Ces offres affichant un tarif très compétitif ne seront-elles pas remises en cause ? Cela étant, avant toutes ces spéculations, la question qui prime reste : l’offre de Bouygues est-elle digne d’intérêt ?

Connexion et très haut débit : l’illimité limité

Pour bien comprendre de quoi il en retourne, il faut tout d’abord connaître le postulat classique des offres incluant l’Internet mobile : le tout illimité est en réalité intégralement limité. Le débit se détériore après 500Mo de données échangées, et le surf après cette limite devient un enfer. Or, 500 Mo, c’est deux heures de télévision mobile, quelques mails échangés et basta !

Une limitation critiquable à plus d’un titre. Pour rire d’abord, on rappellera que TF1 appartient au groupe Bouygues, et que son application est disponible sur les mobiles… Plus sérieusement ensuite, l’Internet mobile dépassera l’Internet fixe dans 5 ans. Un changement majeur qui induit un même bouleversement de la part des opérateurs. Pour l’instant, c’est à se demander si les opérateurs ont bien mesurer cette révolution. Pour profiter pleinement de la Bbox, au moins concernant le mobile, il vaut mieux être « télévisionphobe », donc… Certes, tel est le cas pour tous les opérateurs, mais Bouygues se doit de tenir son rang s’il se revendique porteur d’innovations.

Ensuite, si la fibre optique est prévue pour ces offres, c’est en réalité un leurre. Bouygues ne peut offrir la fibre optique uniquement là où les infrastructures le permettent. L’offre de Bouygues, concernant son très haut débit, sera donc uniquement appréciable par une clientèle réduite à une minorité de la population. Rappelons cependant que Bouygues utilise le câblage de Numéricable pour ses offres Internet, un câblage qui est limité, même s’il progresse et n’est plus cantonné à un petit nombre de grandes villes.

Un prix cache-sexe

Par ailleurs, le prix de l’abonnement, apparemment compétitif, est le résultat d’un habile tour de passe-passe. Indépendamment des habituels frais de location ou d’achat de la box et des éventuels mensualités payées pour rien à cause d’un démarrage douloureux, les 30 euros proposés pour la partie Internet du forfait sont compensés par l’investissement dans la téléphonie mobile.

En clair, maintenant qu’il est acté que les FAI sont en capacité de proposer des offres triple-play à 20 euros par mois (notamment Numéricable et Alice), les 10 euros restant sont soient empochés directement par le FAI soit compensés par une offre de consommation supplémentaire, ici le forfait de téléphone portable. Un forfait grâce auquel les opérateurs peuvent toujours engranger des gains conséquents, notamment en raison des dépassements de forfait (pourtant « illimités ») ; dépassement de la connexion Internet ou dépassement des numéros appelés (129 au maximum par mois).

Par ailleurs le principal argument de vente est d’économiser sur son forfait téléphonique, qui peut parfois dépasser les 70 euros, l’abonnement quadruple-play étant à 99 euros le mois, abonnement téléphonique compris. Mais l’internet mobile de Bouygues n’offre aucun avantage particulier, puisque le débit baisse après 500Mo, à l’instar peu ou prou de tous les opérateurs. Sauf à avoir un forfait dépassant les 60 euros, c’est l’intégralité du nouvel abonnement de Bouygues qui devient peu intéressant, puisque ses autres composantes sont peu ou pas novatrices (Internet + fixe + TV à 30 euros).

Abonnement quadruple-play : aspirine, paracétamol, dictionnaire et patience

Enfin et surtout, la Bbox a tout l’air d’un produit manifestement inachevé. Offrant des possibilités très alléchantes, la box déçoit pourtant dès lors que l’utilisateur sort des sentiers battus, c’est-à-dire du simple surf. Pour profiter plus avant de la machine, seuls les techniciens cadres de Bouygues s’en sortiront. Et encore : il leur faudra avoir un bon tube d’aspirine et être multilingues : la traduction de l’interface est incomplète et explorer les fonctions de routeurs revient à se plonger dans un labyrinthe dont on ressortira exténué, sans pour autant avoir trouvé la sortie.

Si l’ensemble est donc pour partie décevant, l’offre quadruple-play de Bouygues a néanmoins le mérite de pousser à l’écrasement des prix, au bousculement des dinosaures du secteur, et même – rêvons – à l’innovation. Si ses 500 000 clients sont une incontestable réussite, Bouygues n’a cependant aucun espoir de convaincre les technophiles avec sa box outrageusement complexe d’utilisation dès lors que l’on veut explorer les routeurs (moduler sa box devient néanmoins, depuis peu, une fonction permise plus facilement par certains opérateurs).

A l’objectif d’atteindre un grand public grâce à une accessibilité simple, tout en touchant les professionnels ou amateurs passionnés grâce à des possibilités assez avancés, Bouygues s’arrêtent à mi-chemin. Une constatation pas illogique sur le plan financier – le grand public représente le tiroir caisse – mais regrettable sur le plan technique. Gageons néanmoins que Bouygues se rattrapera via les mises à jour qu’elle ne tardera pas à réaliser.

PS : Si Bouygues a lancé le mouvement et que les autres opérateurs (Orange et SFR) ont suivi, Free est en panne sèche sur ce nouveau marché, pourtant porteur. Déjà plutôt mal en point, l’opérateur d’Iliad pourrait bien mourir à cause de cet échec industriel qu’est le retard au lancement du quadruple-play. Le marché étant verrouillé par les grands opérateurs, a fortiori quand Free se lancera (en 2012), la seule solution pour percer sera d’écraser considérablement des prix par ailleurs déjà bien bas. Mais Free a-t-il encore les moyens de cette ambition ?

Fantasfibre

Free ou le mauvais usage des ventes privées

Voilà une nouvelle qui me fait doucement rigoler : le FAI Free programme un déstockage de ses Freebox et l’offre triple-play sur le site ventes-privees.com (01Net), et pense par la même sortir quelque peu d’une ornière dont il n’arrive pour l’instant pas à sortir. Dur sort pour l’ex trublion de l’Internet à la française et voici pourquoi.

Tout d’abord, Free n’innove pas réellement en lançant ce type d’opération, puisque Numericable, le cablo-opérateur, avait déjà développé ce nouveau canal de vente en mars, sur le site Achat VIP (01Net). L’idée était alors de profiter de la belle croissance du secteur de l’e-commerce comme le montre ces statistiques de la Fevad (voir leur rapport), l’association qui regroupe les principaux acteurs de la vente à distance. Free ne fait donc que suivre le mouvement, un peu contraint également par l’absence de boutiques « physiques ». Mais d’autres éléments montrent qu’il s’agit d’une opération assez tendancieuse.

Comme je l’avais souligné il y a peu, Free ne va pas bien depuis le départ de son ancien DG Michel Boukobza, et la lente glissade s’est transformée en coup dur puisque le mois dernier, SFR, très (trop ?) actif dans ses recrutements, a dépassé Free comme numéro 2 des FAI… et d’aucuns prédisent que Free pour passer 4e avant la fin 2010 avec la montée en puissance de Bouygues et des autres FAI. Il y a donc, pour Free, plus urgence que véritable désir de recruter sainement, d’autant plus que l’offre arrive peu avant la prochaine évolution de la Freebox.

C’est en effet une opération de déstockage de la Freebox v5 qui doit permettre à Free de se débarrasser de cette box déjà vieille et que ses utilisateurs stigmatisent régulièrement comme bugée (allez faire un tour sur les commentaires d’Univers Freebox, c’est assez raide). Free mise beaucoup sur sa prochaine box, la v6, dont la sortie a été plusieurs fois repoussée et qui devrait être commercialisée à la fin de l’été ou au début de l’automne. Mais refourguer les vieilles box buggées pour recruter de nouveaux clients, c’est un vrai risque que l’opérateur prend. Celui de faire grandir toujours plus un vivier d’abonnés mécontents. ça n’est pas pour rien que l’opérateur est régulièrement le plus mauvais élève de la classe, l’Expansion affirmant même que l’observatoire des plaintes de l’AFUTT font que « Free conserve le bonnet d’âne en 2009 ».

L’opération sur ventes privées ne s’apparente selon moi pas à un bon mouvement, même si l’inaction du côté de Free n’est pas non plus envisageable alors que son arrivée sur le marché du mobile est de plus en plus compliquée par les trois larrons Orange, SFR et Bouygues qui semblent s’être fait un devoir de lui mettre des bâtons dans les roues.

Fantasfibre




Au coeur des réseaux câblés avec DegroupNews

Les amateurs et professionnels des télécoms sont servis, je me permets de vous relayer et de vous recommander chaudement ce reportage de DegroupNews qui a été invité par Numericable à visiter leurs installations dans le Rhône. Un département dans lequel le cablo a récemment atteint le cap des 240 000 foyers connectés en très haut débit avec 7 têtes de réseau (dont celle qui fait l’objet du reportage) et 280km de réseau de fibre optique selon Echos du Net.

Le dossier de DegroupNews, de près de 10 pages web, est une vraie première pour qui s’intéresse, au-delà du cas de cet opérateur, à la manière dont fonctionnent l’Internet et son réseau physique.

Prenons les éléments du dossier un par un :

  • Le renouvellement d’un réseau très ancien. Dès 1990, le Conseil Général parie sur le câble, d’abord pour la diffusion de l’audio-visuel, puis pour la téléphonie et Internet. Passés les couacs de la sombre période Noos, certains services publics innovent dan les usages, comme la réalisation d’un intranet public entre tous les collèges, mairies et bibliothèques du département. En 2009, de nouveaux contrats sont signés pour passer du haut-débit au très haut débit, avec une architecture réseau détaillée dans cette carte (7 têtes de réseau des communes rassemblées dans l’EPARI + en rouge la tête de réseau lyonnaise) :

  • Les têtes de réseau sont le véritable cœur du sujet, et l’on est vraiment dans le cœur de l’Internet puisque c’est là qu’il y a une connexion au backbone national (allez voir sur Wikipédia, c’est le squelette du web). La tête de réseau est conçue de telle manière que deux flux arrivent et en repartent, pour avoir en permanence une « voie de secours » et ne pas laisser un département clé en rade. Une tête de réseau a deux fonctions : le routage des signaux au niveau du backbone et la gestion du trafic internet. Le tout permet du très haut débit (THD, jusqu’à 1 Gbit/s) et donc les usages futurs des écrans (3D, notamment).

  • Le raccordement des zones d’ombres, pour réduire la fracture numérique et ne pas laisser les zones les plus reculées avec des connections bas débit (ou pas de connection tout court). En ce moment, l’Europe souhaite faire du haut débit une service universel, c’est à dire aussi indispensable que l’eau et l’électricité. Du coup, sur le câble, on raccorde par voie souterraine ou en aérien, pour ceux que ça intéresse, la page du reportage vous montre ce qui se cache sous les fameuses armoires que l’on trouve un peu partout dans le paysage urbain et rural (pas toujours en très bon état, d’ailleurs). L’enjeu n’est pas seulement démocratique (l’Internet haut débit pour tous) mais bien économique puisque les professionnels (artisans, entrepreneurs) locaux ne peuvent envisager de développement qu’avec un réseau digne de ce nom.

  • Enfin, les perspectives de développement sont intéressantes. On apprend ainsi que la technologie FTTLA utilisée par Numericable (la fibre optique est installée jusqu’au dernier amplificateur) pourrait supporter des débits symétriques. C’est à dire qu’aux 100 Mbits annoncés dans les publicités qui correspondent au débit descendant, vous auriez 100Mbits en débit ascendant, ce qui ne sert pas qu’à « uploader » des fichiers lourds comme des vidéos mais aussi à améliorer le rapidité globale de la navigation. Mais l’opérateur estime pour l’instant que les usages particuliers ne justifient pas l’investissement… on en reparlera surement !

Encore une fois je vous recommande chaudement d’aller potasser l’intégralité du dossier qui est techniquement de très bon niveau, avec des photos du « cœur de l’internet » comme on en voit assez rarement.

Fantasfibre