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Du nouveau dans les partenariats pour la fibre optique

Après les accords avec SFR et Free, le partenariat conclu mardi par Orange avec Bouygues Telecom pour déployer la fibre optique, en ville et dans les zones peu peuplées, permet de coordonner la mise en chantier de réseaux qui devront couvrir 60% du territoire d’ici à 2020.
“Signer en six mois des accords avec les trois principaux opérateurs concurrents, c’est un peu comme faire le Grand Chelem de la fibre” optique, s’est félicité Pierre Louette, directeur exécutif et secrétaire général d’Orange, dans un entretien à l’AFP.

 De son côté, Bouygues Telecom a souligné le fait qu’il était “le seul des trois opérateurs à avoir signé avec Orange un accord +global+, c’est-à-dire concernant l’ensemble du territoire et non pas seulement certaines zones”, selon son secrétaire général, Didier Casas

En juillet 2011, Orange et Free (groupe Iliad) avaient conclu un accord pour cofinancer les réseaux de fibre optique dans une soixantaine d’agglomérations situées dans des zones peu et moyennement peuplées.
En novembre, c’était au tour de SFR de nouer un partenariat avec l’opérateur historique, afin de se partager le déploiement de la fibre dans 10 millions de foyers situés en dehors des grandes villes, où leurs projets de développement se recoupaient souvent.
Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, s’est “félicité” dans un communiqué de ce nouvel accord, rappelant qu’il avait “fixé l’objectif en juillet que les quatre principaux opérateurs coinvestiraient dans le déploiement de la fibre dans les zones les moins denses du territoire”. “Cet objectif est désormais atteint”, a souligné M. Besson.
Selon les termes du partenariat annoncé mardi, dans les zones “moins densément peuplées” que les grandes villes, Bouygues Telecom a souscrit à l’offre proposée par Orange aux opérateurs tiers pour l’accès à ses réseaux de fibre jusqu’au foyer (dite “FTTH”, “Fiber to the Home”).
“Cette offre permet la mutualisation des réseaux, en laissant le choix à l’utilisateur final de son fournisseur de services. L’accord permettra à Bouygues Telecom d’étendre sa couverture à un nombre significatif de communes représentant potentiellement 8,9 millions de foyers supplémentaires”, a précisé Bouygues.
Concernant les zones dites “très denses” -soit une centaine de communes ayant une forte densité de population-, Orange fournira à Bouygues Telecom “une prestation de partage de ses réseaux en fibre optique sur le segment qui dessert les immeubles”, soit la partie du réseau entre le noeud de raccordement et le pied des immeubles.
La cible potentielle de cette deuxième partie du partenariat est de 1,7 million de logements.
“Ce partenariat nous permet d’envisager très positivement notre déploiement du très haut débit sur tout le territoire, et de concrétiser notre ambition d’être incontournable sur ce marché du très haut débit fixe en France”, a résumé M. Casas.
Grâce à cet accord, “nos investissements seront rentabilisés plus vite, on a déployé de la fibre et on va encore en déployer, et il y a toujours un peu de fibre excédentaire dont on peut vendre l’usage à des concurrents, cela nous crée une ligne de revenus”, a indiqué pour sa part M. Louette.
“Après une année 2011 consacrée au cadre réglementaire et à la conclusion d’accords, 2012 et les années qui suivent seront des années d’exécution pour mettre en oeuvre ces accords”, a-t-il résumé.
Les opérateurs français, Orange en tête, se sont engagés à rendre éligibles à la fibre optique 60% des logements d’ici à 2020.

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Orange et la 3D. Quelqu’un y croit ?

Voilà une nouvelle de plus dans le champ de la 3D, qui suscite bien des convoitises. Ce sont les anglais qui avaient « tiré les premiers », si l’on peut dire, fin janvier. La chaîne Sky avait équipé neufs « pubs » pour permettre la diffusion d’un sommet du championnat, Arsenal-Manchester, en 3D. Histoire de tester le terrain (et, peut-être, la réaction au port des lunettes spéciales). L’une des têtes de Sky avait alors confirmé que « 2010, c’est l’année de TV en 3D », en se référant, évidemment, au succès d’Avatar de par le monde.

La nouvelle, on y vient, c’est celle de la diffusion de Roland Garros en 3D. Le sport, on le comprend, est un champ d’application spectaculaire pour la 3D (plus que pour Dr. House, je veux dire). Ce n’est pas comme si c’était une vraie première : Orange avait déjà captés plusieurs événements en 3D (du sport et de l’opéra). Techniquement, cette diffusion se fera sur un canal normal, c’est à dire non configuré exclusivement pour la 3D. Le flux envoyé serait lui aussi normal (pas en Full HD 120 Hz), chaque image contiendrait en fait deux images, avec une définition de moitié en largeur. C’est le téléviseur 3D (un Panasonic Viera VT20) qui s’occupera alors de découper de flux pour permettre l’affichage en 3D, mais sur des résolutions assez petites (au mieux 960 x 1080 px).

Une image en contiendrait deux… voilà, pour ce qui m’intéresse aujourd’hui, un sacré obstacle technique si l’on veut que la 3D atteigne un marché de masse : par quels tuyaux toutes ces données vont-elles passer ? Ne croyez pas qu’un ADSL suffira, cette techno vieillissante commence déjà à montrer ses limites. Pour vous donner un ordre d’idée, les images actuelles d’une TV HD exigent un débit de 10/15 mégabits/seconde… c’est déjà beaucoup pour le fil de cuivre, preuve en est les nombreux « sauts » que l’on subit sur les matchs de foot ou les séquences de films plus intenses. La TV 3D, elle, exige un minimum de 50 à 90 mégabits/seconde pour produire en simultané les 9 images HD nécessaires. Excusez du peu, mais il va falloir agrandir les tuyaux, et pas qu’un peu.

Les solutions actuelles sont au nombre de trois :

* le satellite. Le gros problème de cette techno, c’est l’abonnement prohibitif, compter près de 150€ au vu des restrictions de débit et de quotas de volume pour les forfaits de base. Les deux chaînes vraiment 3D existantes, ESPN 3D et DirectTV 3D, aux Etats-Unis, passent par satellite avec une bande passant dédiée à cet usage. On peut donc supposer que ce ne sera pas le meilleur moyen d’atteindre un public de masse (on attend 20 millions de foyers connectés 3D dans le monde en 2013)

* la fibre. Avec seulement 60 000 abonnés FTTH/FTTB et un retard de la France dans le déploiement (on remerciera Orange d’avoir mis en sommeil ce développement pendant deux ans avant de se réveiller au début de l’année en promettant 2 miliards d’investissements), le marché de masse est encore loin.

* le câble. Avec près de 200 000 des 250 000 abonnement très haut débit recensés en France (Clubic) et les meilleurs débits, c’est encore la meilleure option pour la 3D, reste, évidemment, le problème de l’éligibilité.

Conclusion : Orange sur la 3D, avec ses 33 000 abonnés fibre, a encore du chemin à faire, sauf à donner de faux espoirs à ses abonnés ADSL.

Fantasfibre