Du nouveau dans les partenariats pour la fibre optique

Après les accords avec SFR et Free, le partenariat conclu mardi par Orange avec Bouygues Telecom pour déployer la fibre optique, en ville et dans les zones peu peuplées, permet de coordonner la mise en chantier de réseaux qui devront couvrir 60% du territoire d’ici à 2020.
“Signer en six mois des accords avec les trois principaux opérateurs concurrents, c’est un peu comme faire le Grand Chelem de la fibre” optique, s’est félicité Pierre Louette, directeur exécutif et secrétaire général d’Orange, dans un entretien à l’AFP.

 De son côté, Bouygues Telecom a souligné le fait qu’il était “le seul des trois opérateurs à avoir signé avec Orange un accord +global+, c’est-à-dire concernant l’ensemble du territoire et non pas seulement certaines zones”, selon son secrétaire général, Didier Casas

En juillet 2011, Orange et Free (groupe Iliad) avaient conclu un accord pour cofinancer les réseaux de fibre optique dans une soixantaine d’agglomérations situées dans des zones peu et moyennement peuplées.
En novembre, c’était au tour de SFR de nouer un partenariat avec l’opérateur historique, afin de se partager le déploiement de la fibre dans 10 millions de foyers situés en dehors des grandes villes, où leurs projets de développement se recoupaient souvent.
Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, s’est “félicité” dans un communiqué de ce nouvel accord, rappelant qu’il avait “fixé l’objectif en juillet que les quatre principaux opérateurs coinvestiraient dans le déploiement de la fibre dans les zones les moins denses du territoire”. “Cet objectif est désormais atteint”, a souligné M. Besson.
Selon les termes du partenariat annoncé mardi, dans les zones “moins densément peuplées” que les grandes villes, Bouygues Telecom a souscrit à l’offre proposée par Orange aux opérateurs tiers pour l’accès à ses réseaux de fibre jusqu’au foyer (dite “FTTH”, “Fiber to the Home”).
“Cette offre permet la mutualisation des réseaux, en laissant le choix à l’utilisateur final de son fournisseur de services. L’accord permettra à Bouygues Telecom d’étendre sa couverture à un nombre significatif de communes représentant potentiellement 8,9 millions de foyers supplémentaires”, a précisé Bouygues.
Concernant les zones dites “très denses” -soit une centaine de communes ayant une forte densité de population-, Orange fournira à Bouygues Telecom “une prestation de partage de ses réseaux en fibre optique sur le segment qui dessert les immeubles”, soit la partie du réseau entre le noeud de raccordement et le pied des immeubles.
La cible potentielle de cette deuxième partie du partenariat est de 1,7 million de logements.
“Ce partenariat nous permet d’envisager très positivement notre déploiement du très haut débit sur tout le territoire, et de concrétiser notre ambition d’être incontournable sur ce marché du très haut débit fixe en France”, a résumé M. Casas.
Grâce à cet accord, “nos investissements seront rentabilisés plus vite, on a déployé de la fibre et on va encore en déployer, et il y a toujours un peu de fibre excédentaire dont on peut vendre l’usage à des concurrents, cela nous crée une ligne de revenus”, a indiqué pour sa part M. Louette.
“Après une année 2011 consacrée au cadre réglementaire et à la conclusion d’accords, 2012 et les années qui suivent seront des années d’exécution pour mettre en oeuvre ces accords”, a-t-il résumé.
Les opérateurs français, Orange en tête, se sont engagés à rendre éligibles à la fibre optique 60% des logements d’ici à 2020.

Du D de Pierre Danon au F de Free Mobile : le low cost dans les télécoms

Free Mobile = moins cher ? Peut-être, mais c’est surtout le résultat d’une histoire beaucoup plus longue ! Soyons clairs : oui, l’oligopole des « historiques » a toujours joué contre la baisse des prix.Orange, dont l’Etat est actionnaire, SFR, qui via Canal+ est associé au financement du cinéma français et donc soutenu politiquement, et Bouygues Telecom, dont il n’est plus besoin que le patron est un très proche de Nicolas Sarkozy). Mais oui également, des acteurs alternatifs ont su faire bouger les lignes. Deux exemples qui bornent l’histoire des télécoms de 2000 à 2010 : les cas de Pierre Danon, aux manettes de Numericable, et de Xavier Niel, stratège de Free.

D’abord, casser les prix du “triple play”
Les nouvelles générations n’ont pas connu l’internet d’avant Free. Celui où il fallait payer cher ses connexions, parfois tarifées à l’heure ou à la minute. Pour rappel, en 2004, un internaute payait près de 77 euros de télécoms (31 en téléphonie fixe, 17 en internet et 29 pour le mobile), sans compter les suppléments liés à la TV le cas échéant. Free impose deux concepts : celui de box triple play et celui du forfait tout compris à 30 euros en reprenant à sa charge le fameux abonnement de 13 euros par mois de France Telecom.

Ensuite, délivrer la puissance du câble aux zones défavorisées
Il faut ensuite attendre de voir débarquer le câble, sous ses différentes marques (de Noos à Numericable) pour avoir une nouvelle chute de prix avec les offres sociales. Réservées aux marchés de l’habitat collectif et sous conditions de ressources, celles-ci permettent de réduire la fracture numérique. C’est ce que précisait Pierre Danon en 2010 : « Nous sommes assez sensibles à ce qu’on appelle la fracture numérique. Il faut faire attention à ce que l’extension du très haut débit, chose très importante pour les utilisateurs que ce soit des entreprises ou des particuliers, ne se fasse pas au détriment des zones moins denses. ». Ce marché des collectivités locales s’est avéré clé pour Numericable et Completel (la marque « PME » du groupe). A nouveau Pierre Danon pouvait préciser « Ce que je revendique, c’est un schéma directeur régional ou départemental avec des initiatives au niveau des agglomérations. »

Un tournant : Internet ne coutera plus “30 euros tout compris”
Suite de la bataille. Alors que Free a décroché le droit de se lancer dans le marché de la téléphonie mobile, les historiques s’organisent, à la fois pour parer le « trublion » qui leur a déjà taillé de sacrées croupières dans l’internet, mais aussi pour contrer la hausse de la TVA dans le secteur, qui leur « impose » (malgré des marges plus que grasses) de répercuter ce surcroit de taxe sur les consommateurs. C’est le début d’une période compliquée ou le prix des forfaits sont volontairement brouillés pour faire passer la pilule. L’offre se segmente, il est difficile de faire des comparaisons. Cela ne va pas durer. Autre mouvement intéressant sur la période : le soutien du gouvernement au développement d’une offre sociale. C’est à nouveau Pierre Danon qui y gagnera en visibilité avec une offre à 9,99 euros/mois. Rien n’est gagné pour autant, surtout que la situation du cablo-opérateur se dégrade.

Orange, SFR et Bouygues vers le low cost
Sentant le vent tourner et redoutant l’activisme de Free (qui promet de réduire de 1 000 euros par an la facture des ménages avec ses offres mobiles). L’été 2011 voit fleurir les nouvelles marques, Sosh pour Orange, B&You pour Bouygues Telecom… pas d’engagement, des tarifs rabotés, de l’illimités (hors data), un mouvement qui cherche à s’emparer ou à fidéliser des abonnés avant la tempête annoncée par l’arrivée de Free Mobile. Vous trouverez ici un comparatif intéressant.

2012, la nouvelle donne ?
2012 commence en fanfare avec, enfin, l’arrivée de l’offre de Free qui à nouveau bouge toutes les lignes : fin de la notion d’engagement, fin des forfaits non illimités ou uniquement sur 3 numéros du même opérateur, bref, une offre claire, lisible, et très accessible. Un bémol, à confirmer cette année, les probables retards de mise en service ou de livraison, comme cela avait été le cas avec la Freebox v6. Mais globalement, les abonnés peuvent diviser par près de deux leurs forfaits de téléphonie (plus pour ceux qui sont déjà abonnés internet de Free). Avec un marché du quadruple play désormais à 4 acteurs, reste à savoir ce qu’il peut rester aux petits, comme Numericable. J’optais il y a peu pour un maintien de leurs investissements dans le câble, décrié mais seul actuellement à convaincre sur le très haut débit. Et abandonner les gadgets (télévision 3D, notamment).

Nous verrons dans les prochaines semaines comment réagiront les historiques. Mais les premières « nouvelles offres » ne rejoignent pas le prix plancher défini par Free, au mieux s’en approchent-elles pour donner l’illusion qu’un effort est fait. Il est donc intéressant de continuer à suivre l’actualité des personnes qui font bouger ces lignes.

Source : http://consommaction.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/19/pierre-danon-et-xavier-niel-deux-acteurs-de-la-baisse-des-pr.html

F.

La Freebox v6 n’est-elle qu’une bêta buggée ?

Au départ je pensais franchement que l’idée de Freeplayer.org était une bonne idée : proposer à ses abonnés (à minima les plus technophiles et connaisseurs des systèmes d’information) de pouvoir notifier les bugs et dysfonctionnements de la box, c’était l’assurance d’accélérer leur résolution, tout en impliquant un peu plus une communauté d’abonnés déjà fidèle, et assez unique dans le monde des FAI. Mais là, je crois qu’une ligne jaune a été franchie, et que les abonnés de Free, si engagés qu’ils soient, sont en train de faire le boulot d’un opérateur à sa place. Gratuitement.

ça n’est pas la première fois que Free a recours à ses abonnés les plus fidèles, même si la nouvelle était alors passée un peu inaperçue. Free a la particularité de ne pas avoir de boutiques « réelles », tout se passe par mail ou téléphone (ce qui réduit, quoi qu’on en dise, la qualité du service, qui leur vaut des mauvais classements réguliers, sans parler de la hotline payante qui lui a valu des échanges musclés avec l’UFC Que Choisir). Pour compenser cette absence du terrain, et dans l’optique de devenir opérateur mobile, Free a innové en proposant un concept store à Nancy, à la configuration tout à fait inédite. Ce ne sont pas des salariés de Free qui tiennent la boutique, mais des bénévoles de l’association d’utilisateurs Univers Freebox (subventionné par Free). Ceci réduit bien sûr pour Free le coût du personnel. Mais ça n’est pas tout. Le local (agréablement situé place Stanislas) est lui aussi à moindre coût pour Free, puisque le format associatif lui permet de ne financer qu’un tiers du local (un autre tiers étant versé par Univers Freebox, le dernier par les collectivités locales). Une boutique qui ne dit bien sûr pas son nom, où l’on ne peut pas acheter la box, mais qui propose accueil, services et coups de mains largement assimilables à un service commercial.

La sortie de la Freebox v6 Révolution, dont nous avons analysé rapidement le positionnement, semble « avoir des bugs ». Jusque là rien de très inquiétant, l’informatique est ainsi faite que l’on ne peut prévoir et programmer tous les usages et mésusages possibles, d’où les bugs, qui sont rarement fatals. Sauf que là, il y a quand même un sacré nombre de bugs recensés, et certains sont de nature à modifier la perception du produit Freebox v6 par les clients acquis et potentiels. C’est un peu une « bêta » comme le souligne Tom’s Guide dans un réquisitoire sévère, sauf que cette bêta a couté près d’une centaine d’euros à l’acquisition, avec un forfait renchéri, et des options abusives (il est impossible de visionner la TNT, pourtant gratuitement accessible, sans acheter l’option TV de 2 euros).

Quelques exemples marquants : le lecteur Blu-Ray et le DVD ne reconnaissent pas la touche « pause », certains éléments externes non plus (USB, disque dur externe) et le Freestore qui permettra de télécharger des applications n’est toujours pas actif.

Les correctifs arrivent, annonce Free, mais pour un produit cher, retardé à de multiples reprises et présentée comme une révolution, c’est un peu court…

Fantasfibre

Fin annoncée d’Alice Initial : quel forfait internet à bas prix ?

L’offre Alice low-cost est morte, vive les autres offres ! En pleine trêve des confiseurs et alors que le secteur voit ses lignes bouger avec la nouvelle Freebox Revolution et la hausse du prix des abonnements en raison de la TVA (ou pas, comme le justifie Numericable au risque de fâcher ses abonnés) a, voici un nouvel élément qui montre combien le secteur des télécoms et de la fourniture de l’accès à internet reste dynamique.

Cela change t-il quelque chose ? L’arrivée de la Freebox v6 n’a t-elle pas assez secoué le secteur ? Pour les geeks un tant soit peu fortunés, probablement pas (voir notre analyse du positionnement de Free à la suite de cette Freebox). Pour le grand public pour qui le prix est une vraie donnée de choix, plus vraisemblablement. Car avec la hausse de la TVA et des abonnements chez tous les opérateurs, il ne reste plus grand monde pour ceux qui n’ont pas les moyens ou pas l’envie de débourser trop pour un service qu’ils utilisent avec modération.

Mon schéma recense donc, après une exploration « à la mano » des différentes offres des opérateurs (tentez de rassembler ces données rapidement, vous verrez qu’il sera déjà le lendemain tant tout cela est organisé de manière à nous égarer).

On peut, si l’on veut économiser au maximum et qu’on ne se sert pas de toutes les fonctionnalités des box actuelles, opter pour des offres 1P ou 2P (P pour Play), c’est à dire ne pas prendre la TV le plus souvent. On notera avec un amusement certain que le 1P (Internet seul) de chez Orange est plus cher que le 3P le moins cher de Numericable.

En offre triple-play, c’est à dire une box « classique » qui vous offre internet, la téléphonie et la TV, il ne reste donc plus qu’un seul acteur qui, malgré le surcoût à attendre à partir du 1er février (date à laquelle la plupart des opérateurs augmenteront leurs abonnements), reste très compétitif par rapport aux autres offres « low-cost ».

Fantasfibre

 

Quelles limites pour la Freebox v6 ?

A moins d’habiter sur la planète Mars, vous avez forcément entendu parler de la nouvelle Freebox v6, qui a fait l’objet la semaine passée d’une communication bien orchestrée par la maison mère de l’opérateur, Iliad, et menée tambour battant par un Xavier Niel que certains ont rapproché de Steve Jobs. Plutôt flatteur, et assez significatif de l’avance considérable prise par Free en termes de communication et de relations aussi bien avec les internautes (voir leur premier Concept store à Nancy, tenue par la « communauté » des abonnés, c’est inédit, étonnant… et économique pour rester poli) qu’avec la presse (la fameuse invitation mystère).

Ne pas essayer à la maison

Le déploiement du lancement était en tout cas à la hauteur de l’enjeu, puisque Free joue là une carte importante, si ce n’est son plus gros dernier atout avec la véritable bataille qui se déroulera en 2012, au moment où Free devra assurer le rôle de 4e opérateur mobile en propre (aux côtés d’Orange, SFR et Bouygues Telecom, qui sont les trois seuls à pouvoir proposer aujourd’hui les fameuses offres « quadruple play », qui combinent le classique TV+téléphonie fixe+internet en ajoutant la téléphonie mobile). Et ce après une année riche en déconvenues qu’illustre bien la perte pour le “trublion” de la 2nde place parmi les opérateurs au profit de SFR.

J’analyserai donc ce lancement dans la perspective de 2012 et de ce que cela implique en termes de positionnement.

Commençons par les menus détails qui m’ont fait réagir.

* Le tout compris peut-il tout assurer ? La guerre culturelle que livre Free aux autres opérateurs sur le thème du tout-compris se poursuit, et c’est plutôt étonnant à l’heure où la concurrence a préféré brouilles les pistes du « triple play à 30 euros » pour s’adapter au plus près des attentes de leurs clients. Ceux qui ne regardent jamais la télévision, ou qui ne téléphonent pas avec la ligne fixe, peuvent trouver facilement des offres « à la demande » ou presque. La nouvelle Freebox v6 se veut intégrale et intégratrice, mais à quel prix ? Il est évident qu’elle ne pourra être « bonne partout », et un simple coup d’œil aux jeux vidéos présentés fait doucement rigoler les hardcore gamers (également cible clé de Free, d’où Rodolphe, Hadopi, etc). Point noir évident du tout compris : si l’un des éléments vient à défaillir, il faut donc tout rapporter, se priver du reste des services. Et si la parade est celle d’une réparation sous 10h, c’est le modèle économique qui risque d’en prendre un coup.

Puisqu’on vous dit qu’elle fait tout !

* Des options inutiles ? Pour faire gonfler le prix, rien ne vaut quelques options clinquantes, qui au final n’apportent à mon humble avis pas grand chose. Le lecteur Blu-Ray HD ? Ceux qui en rêvent l’ont déjà, sans parler du parc de Playstation 3 qui comprend ce type de lecteur. La HD existe aussi en flux pour peu que les débits soient suffisants. Les jeux vidéos « maisons » ? Nous l’avons vu, les propositions sont loin des grandes licences (Call of Duty pour n’en nommer qu’une) et de la « patte » de certains game designers ou grands auteurs (Peter Molyneux et sa série des « Fable »). Côté téléphonie, les connaisseurs du circuit peuvent s’étonner de l’effet produit par l’offre de téléphonie illimitée vers les portables. Si le prix, pour le public, d’un appel d’une box vers un mobile avoisine les  15cts/min (hors mise en relation, en heures pleines), le prix qu’un opérateur reverse à un autre est désormais de 3cts/min… je vous laisse en déduire le faible coût de la proposition pour Free et surtout la marge que tous peuvent en retirer. Autre statistique intéressante, la durée moyenne des appels de fixes vers mobiles est de 13 minutes par mois et par foyer. Proposer un illimité qui ne coûte rien à des gens qui ne s’en servent pas, il fallait un peu d’astuce marketing.

* Hausse des prix et frais d’installation chers. La migration des anciens abonnés, quelle que soit l’ancienneté, coûtera 119,90 euros (“frais d’installation”). C’est beaucoup, beaucoup plus que chez les autres opérateurs, même en l’absence de frais de résiliation. C’est un peu comme la « taxe Baroin-Sarkozy » que Xavier Niel inscrira en sus de la facture, lui permettant de conserver un prix d’appel (faussé) à 29,90 euros dans certains cas.  Pas sûr que ceci fasse illusion longtemps, puisque désormais c’est bien 35,99 euros qui seront dus mensuellement. Il y a moins cher presque partout ailleurs.

Pas de conclusion, à vous de vous faire votre propre idée de la Freebox v6 avec les éléments glanés ici et là, il me semblait important de proposer d’autres points de vue. A noter, dans la même veine, l’article paru sur Ecrans : « Ne pas prendre la V6 pour une lanterne », qui vaut le détour au-delà de l’excellent jeu de mots.

Fantasfibre

FAI et box internet : la tendance des derniers classements

En fait, avec les classements, il faut savoir prendre du recul. Ceux-ci se suivent et ne se ressemblent pas tous, notamment car des critères différents peuvent être pris en compte, mais également car chaque abonné, chaque internaute, connaît lui même des fluctuations sur la qualité de service. Les FAI sont donc difficiles à classer, et tout mouvement dans une direction paraît pouvoir être menacé par le classement suivant.

Il y a tout de même des tendances, et je veux parler des trois qui viennent de truster les premières places du classement IP-Label, dont 01 Net fait la synthèse. Sur le podium, Numericable, SFR, et Darty.

 

Numericable, l’ancien banni, qui au fil des classements conforte, confirme et enchaînes les premières places, ou pas loin… 16e Baromètre de l’internaute, qualité de la TV chez NPA Conseil, 3e place du classement de 60 millions de consommateurs… et une nouvelle fois en tête ici. L’opérateur partait de loin, de très loin, mais semble avoir parcouru du chemin depuis les années Noos.

SFR paraît boulimique, à côté, tant le classement d’IP-Label reflète une politique agressive de la marque au carré rouge, qui a doublé Free comme 2e opérateur en parts de marché, qui raccorde toujours plus de noeuds de réseau, loin devant les autres.. on sent que l’ère du quadruple play, ces offres qui permettent de combiner tv, internet, téléphone et mobile, n’est pas loin, et que SFR a envie d’en profiter.

Darty, en fin, est un peu l’OVNI de ces classements qu’il parvient également à décrocher, comme cette 2nde place sur le comparatif de 60 millions de consommateurs, juste derrière Bouygues Telecom. Encore une fois, la qualité de service est primée chez ce petit poucet qui surfe sur le réseau FTTLA (fibre, très haut débit) de … Numericable.

Sans être décisif, donc, ce nouveau classement confirme quand même que l’on retrouve souvent les même au premier rang de la classe. De bons arguments pour aborder les fêtes.

Fantasfibre

Free ou comment “Hadopi m’a sauver le bridage”

Free a décidément l’art de surfer sur les bons plans de communication, il faut au moins leur reconnaître cette qualité, à défaut du reste (je vous renvois à l’un de mes posts précédents concernant les raisons qui ont fait que SFR a doublé Free sur le marché de l’ADSL). Si vous suivez l’actualité de ce passionnant secteur qu’est celui des FAI, vous n’avez pas pu échapper cette semaine à la passe d’armes entre Free et Numericable, deux acteurs qui se sont écharpés au sujet de l’Hadopi.

Bref rappel des fait. L’Hadopi, grand satan des internautes, a commencé à envoyer les mails aux premiers utilisateurs qui sont en infraction. Les opérateurs sont dans une situation complexe face à l’installation de cette autorité, puisqu’ils sont dans l’obligation de relayer les mails de l’Hadopi, ce qui les place en porte-à-faux par rapport à leurs abonnés.

Quelle tactique adopter ? Pour Free, c’est tout vu, la stratégie est de s’opposer (au moins médiatiquement) à l’Hadopi en jouant sur les ambiguïtés d’un texte de loi dont il faut dire qu’il n’est techniquement pas à la hauteur. Les autres opérateurs ont de leur côté suivi un légalisme strict, en relayant les mails de l’Hadopi tout en affichant une gêne, voire une opposition (comme en témoigne la lettre commune des opérateurs au sujet de la facturation de la riposte graduée). Numericable, et Bouygues, ont été les premiers à relayer ces mails. Leur position est plus légaliste (on relaye les mails de l’Hadopi) avec un argument de protection des abonnés qui n’est pas idiot (en gros, si je transmets les mails de l’Hadopi à mes abonnés, je leur permets d’être au courant de ce qui leur arrive, et je peux les aider, à contrario, ne pas les envoyer, c’est leur faire courir le risque d’être pris la main dans le sac à un stade plus élevée de la riposte graduée).

 

Jusqu’à l’épisode de cette semaine, que je tente de résumer. Numericable a envoyé une lettre à l’Hadopi pour dénoncer la stratégie de Free, qui, selon le câblo-opérateur, tente de “tirer un bénéfice concurrentiel” de cette opposition, qualifiée un peu à la hâte (je sens déjà venir la fronde des Freenautes, que je me permets de déminer en leur suggérant d’être franchement moins naïfs face à la bonté supposée de leur opérateur, faut-il rappeler le différend entre Xavier Niel et la communauté du Libre au sujet du firmware de la Freebox ?). Eh oui! En m’opposant au grand satan des internautes, je deviens tout de suite plus attractif.

Ce procédé me fait, je dois l’avouer, franchement rigoler. Ou comment Free se sert opportunément de l’affaire Numericable/Hadopi pour se poster en “chevalier blanc” des internautes, un terme qui revient régulièrement dans les commentaires. Car jusqu’à cette affaire, c’est plutôt Free que l’on soupçonnait de jouer avec les connexions de ses abonnés. Le Journal du Geek titre ainsi avec humour fin septembre “Il a Free, il a l’Internet bridé ?”, reprenant les rumeurs d’un bridage. Les quelques 400 commentaires du billet (excusez du peu !) confirment presque tous la chute du débit de la connexion sur les sites… de P2P, de téléchargement direct (notamment sur MegaUpload) et streaming… des usages précisément ciblés par l’Hadopi.

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

Donc, de deux choses l’une :

1. Soit Free, comme tous les opérateurs, se positionne sur l’Hadopi, mais d’une traître manière, en s’opposant à la surface pour gagner des points auprès de sa cible (les technophiles, comme l’illustre la campagne de pub avec Rodolphe, même si Free en expérimente les limites), et en bridant en coulisse l’accès aux sites sensibles, histoire de dégouter ses abonnés de cet usage, et de les orienter vers sa plateforme de catch-up et de Vod légale (et payante, bien sûr).

2. Soit Free, qui fournit une connexion ADSL (ne venez pas m’enquiquiner, et je suis poli, avec la fibre de Free, tout le monde l’attend depuis 2006, encore une fois, enlevez vous le sable des yeux avant d’ouvrir le feu), prend conscience de la limite de cette technologie qui permet à peine (et selon votre distance du NRA) de visualiser des programmes TV HD, et en limite par bridage l’utilisation sur certains sites, mettant à mal le concept de neutralité du net, cher également au coeur des internautes.

Dans les deux cas, je suis étonné que le coup de com de Free semble avoir marché, en tout cas à en lire les réactions des différents articles (à quelques lucides près). Affaire à suivre dans tous les cas, un retournement n’est pas à exclure.

Fantasfibre